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Remèdes à la canicule
Prendre le train pour Rouen traverser les rues chauffées au soleil longer les ombres des immeubles parvenir au musée des beaux-artsexposition Sous la pluiede tableau en extrait de films se laisser happer par un grain une ondée une dépressions’installer sous trois parapluies fermer les yeux vagues à l’âmeécouter les marines de Marie-Pierre Planchoninfiniment rafraîchie retourner à la garedirection Le Havresoleil au zénith goudron en surchauffecomment font les icebergs sur le bassin pour ne pas fondrevite vite les ombres des immeubles jusqu’au Portiquepas de clim’ mais la pluie virtuelle sur les installation de Noémie Goudalse rafraîchir au bruitde celle qui devient un lointain souvenirdans mes récupérateurs d’eau sous la paille du…
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Crier au mégafeu
Lu ce matin sur mon site météo : risque de pluie, prenez un parapluie. Moi qui lutte depuis plusieurs semaines pour sauver mon potager punk, qui ai vu ma cuve et tous mes récupérateurs d’eau s’assécher, je propose une nouvelle formulation : chance de pluie, dansez enfin de joie même si ce n’est que pour quelques minutes ! Lu ce midi sur le site du Monde : Laurent Nuñez annonce 275 interpellations en lien avec des départs de feu. Message envoyé sur le live en cours : « 275 interpellations de pyromanes, j’imagine. Est-il prévu d’interpeller aussi l’État et tous les Lobbies* qui tirent les ficelles de l’inaction climatique ? » Noté…
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J’en ai vu (1)
J’en ai vu qui dépensaient leur vie à gratter des tickets perdants.
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Point de suspension
(…) : code typographique soulignant une coupe dans un texte ou une longue ellipse dans un blog. Sans les parenthèses, signe dans un dialogue qu’on vous coupe la parole. – Sinon, comment s’est passé ton 14 juillet ?– Je me suis sentie toute proche d’être heureuse. À peine le pied au sol, j’ai arrosé mon potager, encourageant chaque plante à persévérer malgré la canicule. Promis, des jours meilleurs vont arriver. Le premier café, je l’ai bu, entre la rhubarbe et le pied de potimarron, assise sur la chaise bistrot acquise cette semaine pour deux euros et six centimes, à la ressourcerie. J’avais prévu de lui trouver une place dans ma…
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Te voici parvenue à la fin de trois semaines de rayons, trois semaines à t’allonger sous la machine à quatre bras, trois semaines à t’absenter du bruit assourdissant en plongeant, le temps de l’apnée, dans un bassin de 50 mètres et en nageant jusqu’à l’autre bord. Jusqu’à l’autre rive. Un espace pour toi, chaque jour pendant trois semaines. Tu évolues, calme et déterminée sur ta ligne d’eau sous-marine. Tu ne sais plus pourquoi mais un jour, tu lèves la tête. Y avait-il une ombre au fond du bassin qui signalait une présence là-haut ? L’avais-tu invoquée ou s’était-elle invitée ? Toujours est-il qu’elle est là, celle que tu as si…
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Froid-chaud
Cette semaine ça a été Fargo puis Gorettigrande neige puis grand venttu as multiplié les couches pour faire rempart au froid glacialtu as arpenté les sentiers et le silenceperdant toute notion du tempslorsque l’électricité a disparu pendant de longues heurestu as arpenté l’obscuritéTout cela mis bout à bout a fait contre-poids au reste : la première semaine des rayons.Chaque jour, tu y es allée et dans ton sac tu as glissé Respire de Marielle Macé. Tu l’emportes comme tu porterais un talisman au poignet. Là-bas tout doit aller vite : à l’heure dite, entrer dans la cabine, se mettre torse nu, rejoindre la machine aux quatre bras dans un éclairage…
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Si même le givre devient belliqueux :le grillage à poule à l’entrée du jardin Marguerite( faut-il le préciser : un espace potager, participatif, collaboratif, collectif )il l’a transformé en barbelé
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Fallait-il être givréepour aller faire du crochet dehors cette nuit ?
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On dit que…
« On dit qu’après une tempête, un ouragan, un tsunami, la nature qui renaît ensuite est merveilleuse.On dit que tout ce qui est tombé, détruit, cassé, sert d’engrais.On dit que tout ce qui est vivant reprend encore plus de force et de vigueur.On dit qu’après une éruption volcanique c’est la même chose : une pluie de cendres recouvre tout, paysage de feu et de destruction. Mais partout où s’est posée cette manne volatile, la végétation redouble de densité, d’exaltation, d’exubérance.On dit que, parfois, c’est la même chose pour les humains. »Dernières lignes de la trilogie de Marion Brunet, Ilos.
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inventer un temps nouveau
Il te manque un temps. Un temps qui se glisserait entre le présent -tu as un cancer- et le passé composé -tu as eu un cancer-. Un temps qui aurait la légèreté de l’oiseau le matin quand il a plu de nombreuses nuits et que le soleil est à nouveau sur le point de se lever. On t’a prise en photos sous toutes les coutures. De quoi en faire un album et l’album est propre. On t’a opérée, l’opération t’a laissé une nouvelle couture, tu l’apprivoises. Tu as eu les résultats de l’anapath -dites-le à voix haute, ça a la gueule d’un insecte- et l’anapath est propre. C’est grisant. Non,…


























